Un pas de géant vers la
souveraineté énergétique
Le
paysage énergétique sénégalais a franchi une étape historique le 31 mars 2026
avec la cérémonie de pose de la première pierre d’une centrale de stockage
d'énergie par batterie (BESS) à Diass. Présidée par M. Mamané Djitté, Directeur de Cabinet du ministre de l’Énergie, du
Pétrole et des Mines, cette cérémonie s'est tenue en présence de Mme Bärbel
Kofler, Secrétaire d'État parlementaire auprès du ministère allemand de la
Coopération économique et du Développement, et de Mme Christine Fages,
Ambassadrice de France au Sénégal. Accompagnés du maire de Diass et du
Directeur Général M. Papa Toby Gaye, les officiels ont lancé ce projet qui
marque le début d'une transformation structurelle visant à garantir une
électricité stable, verte et souveraine.
Ce
projet d'envergure, d’une capacité de 56 MW / 56 MWh, est directement
couplé à la centrale solaire de Diass et raccordé au réseau de Senelec pour en
optimiser le fonctionnement. Véritable levier de souveraineté, cette
infrastructure dotée d’une technologie
fiable et durable permet d'absorber les variations des énergies
renouvelables en moins de 250 millisecondes, garantissant une stabilité inédite
du réseau national. Cette flexibilité est essentielle pour réduire les
délestages et assurer la continuité du service, même en cas d'incident majeur.
Au-delà
de la prouesse technique, ce projet s'affirme comme un moteur de croissance car
il permet de bâtir un système énergétique fondé sur la valorisation optimale
des ressources nationales. M. Mamané Djitté
a d'ailleurs profité de cette occasion pour rappeler l'engagement de l'État
envers l'objectif d'un accès universel à une électricité de qualité et
compétitive à l'horizon 2029.
Cette
ambition est soutenue par un investissement global de 36 millions d'euros
témoignant d'une coopération internationale dynamique. Le financement repose
sur un don de 28 millions d'euros octroyé par l'Allemagne via la KfW, complété
par un prêt souverain de 8 millions d'euros de la France à travers l'AFD, le
tout sous l'égide de l'Union Européenne en tant que partenaire stratégique.
Le
déploiement de cette centrale s'inscrit plus largement dans le programme Smartgrid,
signé en juillet 2018 entre l'État du Sénégal et l'AFD. Ce programme structurel
vise à moderniser les réseaux de transport et de distribution de Senelec afin
d'améliorer la résilience globale du système. L'objectif final est de faciliter
l'intégration massive des énergies renouvelables pour atteindre un mix vert de
40% d'ici 2030.
Les
travaux, prévus pour durer 12 mois, devraient aboutir à une mise en service en mars
2027. Comme l'a souligné le Directeur général, cette infrastructure est le
premier projet de stockage développé en propre par l'opérateur national, pour
faire du Sénégal un pôle énergétique moderne et durable.